Apprendre à se connaître

Pourquoi les hypersensibles souffrent-ils autant dans leurs relations ?

Avant de bien vivre avec mon hypersensibilité, je souffrais terriblement dans mes relations et je ne comprenais pas pourquoi. On se croit faible, nul(le), bon(ne) à rien, condamné(e) à souffrir, on se demande même si on n’est pas atteint d’une maladie… Nous sommes plongés dans un brouillard épais et on ne sait pas ce qui cloche vraiment. Mais au fond, pourquoi les hypersensibles souffrent-ils autant dans leurs relations ? Qu’est-ce qui les entrave dans leurs rapports avec les autres ? C’est ce que nous allons voir aujourd’hui : nous allons essayer de comprendre la racine de nos difficultés.

Nous sommes des êtres de relation

L’être humain a besoin de l’autre pour survivre. Sans l’autre, nous mourons. Est-ce que vous avez déjà vu le film « Into the wild » de Sean Penn ? Le personnage principal fuit sa famille et part vivre seul en Alaska en pleine nature. Il est convaincu qu’il sera heureux seul au milieu de paysages grandioses entouré d’animaux sauvages. Seulement, il finit par se rendre compte que le bonheur ne peut exister que s’il est partagé et va chercher à rentrer.

Idem, si vous avez vu le film « Seul au monde ». Le personnage principal, incarné par Tom Hanks, se retrouve seul sur une île inhabitée à la suite d’un accident d’avion. Que va-t-il faire pour sa survie ? Il va dessiner un visage sur un ballon de volley récupéré de l’accident pour avoir le sentiment de communiquer avec quelqu’un. Ce ballon qui s’appelle Wilson sera le compagnon du personnage pendant les 4 années qu’il passera sur cette île.

pourquoi les hypersensibles souffrent-ils autant dans leurs relationsÊtre en relation avec les autres, échanger avec eux, partager, communiquer, font partie de nos besoins essentiels au même titre que manger, boire, dormir. Nous avons besoin des autres pour nous sentir exister.

Aussi, si nous creusons plus loin, que recherchent au fond les personnages de ces deux films ? Ils recherchent ce que nous cherchons toutes et tous : à être heureux, à ressentir des sentiments qui s’apparentent au bonheur : la félicité, la joie, le bien-être, la satisfaction, etc…

Comme le dit si bien Thomas d’Ansembourg, l’auteur du best-seller « Cessez d’être gentil, soyez vrai » : « on dit qu’on n’est pas là pour rigoler. Ah bon ? On est là pour quoi alors ?!! »

Hypersensibilité : une maladie qui empêche d’être heureux ?

Quand on est hypersensible, comme on souffre tellement et qu’on n’arrive pas à s’en sortir, on en vient à se demander si ce n’est pas une maladie. Le psychanalyste français Saverio Tomasella (né en 1966) qui s’intéresse à la question de l’hypersensibilité, nous dit que ce n’est pas une pathologie et n’a donc pas besoin d’être soignée. « Devenir humain est une conquête quotidienne, affirme-t-il, et celle-ci passe par la fierté d’être sensible ».

Il s’agit plutôt d’un tempérament, d’une caractéristique individuelle.

Si les psychologues s’intéressent au sujet, ce n’est pas pour traiter l’hypersensibilité, mais pour soigner les symptômes que peut entraîner une grande sensibilité et qui nous gênent dans nos relations : phobies, stress, angoisses, anxiété, stress post-traumatique, etc…

Pourquoi les hypersensibles souffrent-t-ils autant dans leurs relations ?

Je vous avais parlé de la chercheuse Elaine Aron dans mon article c’est quoi l’hypersensibilité. J’ai trouvé tellement percutante son analyse que je vous l’écris de nouveau : « après une enfance difficile, l’hypersensible s’est construit un ensemble de protections psychologiques lui permettant de se blinder ou d’éviter un monde perçu comme excessivement violent. Ces mécanismes d’adaptation, à leur tour, peuvent générer une mauvaise adaptation sociale, des difficultés relationnelles, de la souffrance et de la frustration ».

Voyons de plus près pourquoi est-ce que nous, hypersensibles, avons eu besoin de nous blinder plus que les autres.

Des émotions fortes

Quand on est hypersensible, nous ressentons très fortement nos émotions. La colère, la tristesse, la frustration, la peur sont décuplées par rapport à ce que peut ressentir le reste de la population. Nous avions vu ici d’où nous venait notre hypersensibilité.

Ces sensations fortes peuvent nous effrayer, voire même nous terrifier, nous faire paniquer. Pour ne plus en avoir peur, qu’allons-nous faire ? Nous allons trouver un moyen pour ne plus les sentir : fuir nos émotions, les réprimer, les occulter, prendre des médicaments pour ne plus rien ressentir, boire de l’alcool, fumer, prendre des drogues dures, etc…

Nous avons besoin de nous blinder et de fuir ces émotions fortes qui nous terrorisent.

Mais pourquoi en arrive-t-on à avoir autant peur de nos émotions ?

Le sentiment de rejet

Lorsque nous entendons que nous sommes « trop » quelque chose, en fait, qu’est-ce qu’on entend derrière ces mots ? On entend que notre grande sensibilité dérange l’autre et que l’autre veut être tranquille. Du coup, on comprend qu’on a plutôt intérêt à prendre sur nous sinon on ne nous aimera plus.

pourquoi les hypersensibles souffrent-ils autant dans leurs relationsSentir que nous ne sommes plus aimés parce que nous ne sommes pas comme l’autre voudrait que l’on soit, c’est se sentir rejeté. Ce sentiment de rejet vient nous toucher au plus profond de notre être. Lise Bourbeau, dans son précieux petit livre “les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même”, nous dit que le rejet est la blessure la plus douloureuse que peut ressentir un être humain. Car il se sent rejeté non pas pour ce qu’il fait, mais pour ce qu’il est et ne se sent pas le droit d’exister.

Alors, il n’est pas étonnant que nos émotions nous terrifient lorsqu’elles pointent le bout de leur nez. Parce que si nous avons peur de ressentir nos émotions, c’est parce que nous avons peur d’être rejeté(e) et de n’être plus aimé(e). Et ça, c’est un sentiment terrible. Je pense que vous savez de quoi je parle…

Quand nous portons en nous la blessure de rejet, nous allons forcément souffrir dans nos relations, que ce soit avec soi-même, avec l’Univers (à qui on peut en vouloir de nous faire souffrir autant) mais aussi avec les autres. D’autant que…

Les hypersensibles sont une minorité dans la population

Comme nous l’avons vu dans cet article, seule 15 à 20 % de la population serait hypersensible. Nous représentons donc une minorité dans la société. Les minorités sont montrées du doigt, je l’ai longuement étudié en sociologie pendant mes études d’assistante sociale et je le constate depuis que j’accompagne des personnes fragilisées. On a vite fait de nous coller des étiquettes « ils sont trop sensibles, trop à fleur de peau, trop susceptibles, trop à cran, etc…. ».

Et comme…

Nous sommes très sensibles au regard des autres  

pourquoi les hypersensibles souffrent-ils autant dans leurs relationsNous prenons pour argent comptant ce que nous entendons qui vient de l’extérieur. Quand on nous dit qu’on est « trop » ceci ou « trop » cela, nous croyons que l’autre a raison et que nous avons un problème, que nous sommes faibles, nuls, bon(ne)s à rien, anormal(e), différent, malade, etc…

Les étiquettes et le regard des autres jettent le trouble dans nos esprits et nous font douter de nous. Quand on doute de soi, on perd la confiance en soi. Perdre confiance en soi fait souffrir car sans confiance en soi, on ne peut se réaliser pleinement et être heureux dans nos relations.

Ce qu’il faut retenir

L’être humain a besoin d’être heureux pour vivre et d’être en relation avec les autres pour survivre.

Mais quand on est hypersensible, être en relation peut être source de grandes souffrances. Nous sommes embarqués malgré nous dans un cercle vicieux qui nous fait terriblement souffrir.

Pour sortir d’un cercle vicieux, il faut faire des pas de côté pour peu à peu entrer dans un cercle qui cette fois-ci sera vertueux. C’est ce que nous verrons dans le prochain article 🙂

En attendant, si celui-ci vous a appris des choses et qu’il vous a plu, n’hésitez pas à liker ma page Facebook, j’y suis très sensible 🙂

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Emily

Merci à Unsplash pour les photos.

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