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Pourquoi ce blog ?

Ecrire, c’est ranger le bordel qu’on a dans sa tête.

Audrey Besson

 

L’écriture : une histoire de prénom

Mon papa a tenu à ce que j’ai le même prénom que celui de l’écrivain Emily Brontë. Elle n’a eu le temps d’écrire qu’un seul livre, Les Hauts de Hurlevent, avant de mourir à 30 ans. Mais ce livre est magnifique.

paysage typique des Hauts de Hurlevent
Un personnage dans les Hauts de Hurlevent : le paysage. Celui-ci est typique du livre d’Emily Brontë – photo de Andi Campbell-Jones

Ce qui est curieux, c’est que je n’ai su que très tard d’où venait mon prénom. Il y a dix ans peut-être. Pourtant, quand je suis entrée à l’école primaire, en CP, je savais que j’allais passer du temps à écrire. Je suis partie à l’école, avec dans mon cartable un cahier de brouillon et un stylo Bic, en me disant “ah ! enfin je vais passer mes journées à écrire !” Très vite, j’ai composé mon premier poème, dès que j’ai su aligner des lettres.

Là où j’ai puisé mes ressources

Puis, mes parents se sont séparés lorsque j’avais 9 ans. Ca a été une douleur intense et sans limites pour nous tous, mes deux frères, mes parents et moi. Le chagrin, vous le savez aussi bien que moi, peut nous faire dire et nous faire faire n’importe quoi. C’est à ce moment-là que les relations toxiques ont commencé dans ma famille. Nous ne savions pas nous parler normalement, avec bienveillance et gentillesse. Nous ne savions pas faire attention à l’un et à l’autre. Nous étions trop pris dans notre peine. Désemparés face au chagrin. Et le mien me paraissait inconsolable.

En grandissant, j’en voulais de plus en plus à mes parents et surtout à ma mère. Je lui criais dessus, je l’insultais, je la bousculais. C’était l’enfer. Je suis sa fille, pour moi c’était à elle de savoir comment m’enseigner être une “bonne” fille et c’était à elle de savoir comment être une “bonne” mère.

Et puis, parfois j’allais dormir chez mes copines et j’adorais ça ! Je profitais de leur cocon familial qui me manquait tant dans ma vie à moi. Cela me rassurait et me comblait. J’observais comment elles interagissaient avec leur famille, les liens qu’il y avait entre eux, l’amour, la douceur, le respect. Qu’est ce qu’on faisait ensemble en rentrant du collège puis après du lycée, les rituels du soir, à quelle heure on se couchait, qu’est ce qu’on faisait le matin, etc…. Être témoin de ces situations m’a permis de planter des graines dans mon jardin intérieur.

planter des graines dans mon jardin intérieur
Photo : Alexandre Lemieu

Mais en attendant, les relations toxiques que je vivais avec ma famille tuaient ma confiance en moi et la confiance que j’avais envers les autres. J’écrivais mais restais enfermée dans mon univers comme une huitre dans sa coquille. Je grandissais avec un esprit torturé et malade. C’est ainsi que ça se passe lorsqu’on communique mal.

Je vais vous confier quelque chose : heureusement que j’ai vécu ce que j’ai vécu ! Mais comment ça ?! Tu es en train de nous raconter les trucs durs que tu as vécu et maintenant tu nous dis : heureusement que tu as vécu cela ! Eh bien oui, parce que c’est dans mon terreau de souffrance que j’ai trouvé mes forces et mes valeurs. Je ne pouvais pas rester comme ça ! Alors mon désir d’indépendance grandissait, tout comme mon besoin de clarifier mon esprit.

Les graines ont germé et poussé

Les graines que les familles de mes copines ont planté à l’intérieur de moi ont donc fini par germer : je me suis armée d’une détermination inébranlable, et ma colère et l’injustice que je ressentais (mais pourquoi moi ??! Qu’est ce que j’ai fait pour mériter cette famille ??!) m’ont servies de moteur.

On dit beaucoup de choses négatives sur la colère, qu’elle est mauvaise conseillère, qu’elle nous fait perdre la raison, etc… Mais c’est aussi une énergie fabuleuse pour nous aider à nous lever et à nous mettre en route vers le meilleur…. C’est bien la colère envers la surexploitation animale qui fait que des tas de gens ne mangent plus de viande, la colère envers la maladie qui fait qu’on donne de l’argent au Sidaction, etc…. Eh bien moi, j’étais en colère après ma famille, sa façon de fonctionner, sa façon de communiquer et je rêvais d’une vie épanouissante, sympa, où j’allais être une femme indépendante, bien dans sa peau et bien dans sa tête.

femme indépendante, bien dans sa peau et dans sa tête
Les graines que j’ai semées ont fini par germer

Il m’a fallu plusieurs années pour surmonter mes peurs, pour vaincre mes démons, pour affronter ce qui dysfonctionnait chez moi. J’ai tâtonné, j’ai cherché, me suis plantée, me suis bien entourée, me suis replantée… Et cahin-caha, j’y suis arrivée. J’aurais pu aller beaucoup plus vite, pour un tas de raisons. Notamment parce que lorsque je suis face à un problème, je m’enfuis (comme je l’explique dans cet article).

En tout cas, aujourd’hui, j’ai quitté mon Nooooord natal (oui, je sais ça fait Zola, mais j’aurais pu aussi venir de la Côte d’Azur, des relations toxiques il y en a partout), je vis en Touraine avec mon chat, dans un appartement que j’aime beaucoup, et j’exerce un métier passionnant (assistante sociale). J’ai réussi à développer mes racines : devenir indépendante, stable et sérieuse. Qui l’eut crû quand j’étais ado ? Personne à l’époque n’aurait parié un centime sur moi, c’est sûr ! 😉

La révélation  

Tout au long de ces années, je n’ai cessé d’écrire. J’ai même quitté mon job en 2010 pour vivre de mon écriture, mais je n’ai pas réussi à gagner un kopeck. Trois ans plus tard, je suis retournée travailler en tant que salariée.

Puis, il y a un an, je n’en pouvais plus de la relation que j’avais avec ma maman. Une relation honteuse, destructrice. Ma mère était atteinte d’une maladie grave. Pour moi, je ne pouvais plus lui parler comme je lui parlais. J’avais atteint mes limites. C’est là que j’ai découvert le développement personnel. Ca été une révélation pour moi. C’est une bombe Hiroshima qui m’est tombée dessus !

Ca m’a tellement passionnée ! J’ai fait de nombreux exercices, j’ai lu beaucoup d’articles et des livres…. Et en moins d’un an, j’ai réussi à transformer cette relation pleine de poison que j’avais avec ma maman depuis presque 30 ans en une belle relation que toutes les filles rêvent d’avoir : une relation emprunte de respect, de bienveillance et d’amour. J’ai aussi amélioré de façon fulgurante d’autres aspects de ma vie. C’est incroyable !

Au fur et à mesure, j’avais de plus en plus envie de partager mes découvertes avec le monde et de lui crier que c’est possible ! On peut tout faire ! J’avais envie moi aussi d’écrire dans un blog, comme dans celui de la coach que je suis depuis un an. Mais comment faire ? Comment m’y prendre ? D’autant que j’avais déjà été échaudée lorsque j’avais quitté mon job en 2010.

Mais la vie fait tellement bien les choses….. J’ai patienté en sachant qu’à un moment donné l’univers allait me montrer comment faire. Et je suis tombée “par hasard” sur la formation d’Olivier Roland, une formation pour devenir blogueur professionnel.

Grâce à cette formation, j’ai mis des mots sur ce qui me tient à coeur, sur ce qui est essentiel pour moi. Maintenant je sais ce que je veux faire : je veux partager avec vous comment faire pour avoir l’esprit clair, comment faire pour se sortir des relations toxiques que l’on a avec l’extérieur et avec soi-même (vous savez, cette petite voix qui nous dit qu’on n’y arrivera jamais, qu’on est nul, etc….).

Je suis tellement heureuse d’avoir vécu ce que j’ai vécu, car aujourd’hui, cette vie passée me donne l’envie de décortiquer tous ces processus, de mettre des mots dessus, de continuer d’apprendre et de transmettre aux autres. De montrer que c’est possible d’être enfin zen, de se libérer des conflits pour vivre une vie authentique. Rien n’est plus important pour moi.

Post Scriptum 

Je vais terminer sur cette note : plus haut, je vous disais que j’étais en colère après ma famille, sa façon de fonctionner, etc…. Aujourd’hui, je distingue ce que sont mes parents de ce qu’ils font. J’en suis convaincue, s’ils avaient su comment faire autrement, ils l’auraient fait. La toxicité de nos relations n’est rien d’autre qu’un héritage qu’ils ont reçu de leurs parents, qui eux-mêmes l’ont reçu de leurs propres parents, qui eux aussi……

Je tiens à remercier mes parents pour tout ce qu’ils m’ont apporté : la curiosité du monde qui nous entoure, l’envie d’avoir des rêves, de travailler, d’évoluer, l’envie de vivre des expériences plutôt que de consommer, le goût de la liberté, etc…. Et je remercie mon Papa qui, en me donnant le prénom Emily, sans le savoir, m’a aussi donné une vocation.

comment les relations toxiques m’ont menée jusqu’à ce blog

 

«  Je ne me prends pas pour une pauvre petite fille de ghetto qui a réussi. Je me considère comme quelqu’un qui, dès son plus jeune âge, savait qu’elle était responsable d’elle-même et qu’elle devait réussir » 

Oprah Winfrey

 

N’hésitez pas à laisser un commentaire sous l’article s’il vous inspire ! 🙂

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2 thoughts on “Pourquoi ce blog ?

  1. Bonjour Emily

    Je suis membre de BlogueurPro.

    Très intéressée par le pourquoi des pensées intérieures et relations toxiques et surtout le comment s’en sortir et retrouver un esprit sain.

    Je suivrai donc ton petit blog avec joie 🙂

    je

    1. Salut Laura !

      Ca fait plaisir quand des membres de Blogueur Pro viennent par ici…

      J’espère que mon blog t’apportera des lumières pour un mieux-être, plus authentique 🙂

      A bientôt 🙂

      Emily

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