Se libérer de ce qui nous pèse

La culpabilité : comment s’en débarrasser

– Le sentiment de culpabilité est un aiguillon puissant – Paul Auster

 

Après avoir appris ce qu’est la culpabilité et d’où elle vient, nous n’allons pas en rester là 🙂 Nous allons nous en débarrasser.

Je vais aborder plusieurs étapes. C’est pourquoi je détaillerai chacune d’elle dans plusieurs articles, pour y aller en douceur. Qui va lentement va loin 🙂

Je vais m’appuyer notamment sur le livre du psychologue Yves-Alexandre Thalmann, Au diable la culpabilité ! Retrouvez votre liberté intérieure. J’ai fait ce choix car il était bien commenté sur Amazon pour les livres qui traitent de la culpabilité.

 

comment se débarrasser de la culpabilité

Yves-Alexandre Thalmann nous préconise quatre étapes pour se débarrasser de la culpabilité :

1- Accueillir la culpabilité

2- Accepter ses limites

3- Prendre ses responsabilités et rejeter celles des autres

4- Réparer et tourner la page

 

1 – Accueillir la culpabilité

Nous avons déjà vu dans mon article dans lequel je détaille par quoi commencer pour se réconcilier avec l’image de soi, comment on fait pour accueillir, accepter. Quand je sens que la culpabilité pointe son nez, au lieu de la fuir et de me cacher, je la laisse venir. Je la laisse être là, je la laisse me traverser, tranquillement, sans peur : « oui tu as le droit d’être là ma culpabilité, oui, c’est vrai que je me sens coupable…. oui c’est vrai que je n’y arrive pas, que je me sens fautive…. c’est bien moi tout ça…»

Je dois dire qu’encore une fois, le fait d’accepter la réalité telle qu’elle est me soulage, elle me libère. La lutte cesse. Je peux respirer 🙂

Nous pouvons passer à l’étape suivante.

 

2 – Accepter ses limites

 

  1. Faire le tour de notre désir de toute-puissance

Nous l’avons vu dans mon précédent article, le sentiment de culpabilité nous vient en partie de notre désir de toute-puissance. Pour accepter mes limites, il me parait donc logique de me diriger vers mon désir de toute-puissance. Parce que si on se croit tout-puissant, ça signifie que nous n‘avons pas de limites à notre puissance.

Pour illustrer, je vous avais donné l’exemple de l’enfant dont les parents se séparent. Il a le désir de les maintenir ensemble, et malgré toutes les forces qu’il déploie, il n’y arrive pas. Et comme il n’y arrive pas, il pense que c’est de sa faute si ses parents ne restent pas ensemble, alors il se sent coupable. C’est ça, le désir de toute-puissance. Dans mon cas, je ne comprends même pas pourquoi mes envies de manger sont plus fortes que moi. Je voudrais que ce soit MOI la plus forte. Et comme je n’y arrive pas, je me sens coupable.

Ce désir de toute-puissance, je pense qu’il remonte à mon enfance. Lorsque j’entendais « oh là là ! Qu’est-ce que tu as grossi ! Tu ne devrais pas manger autant ! Tu aurais pu être mannequin, si seulement tu étais mince comme quand tu étais petite… ». Je ne me sentais pas aimée quand j’entendais ces paroles. Je me sentais rejetée. Du coup, pour que je sois aimée, qu’est-ce qui s’est passé ? Je pense que c’est à cette époque que j’ai développé le désir d’être mince, car :

Etre mince = être aimée

Je sais dans ma tête que c’est idiot. Mais nous fabriquons nos croyances quand nous sommes petits. Et tant que nous n’avons pas remis nos croyances en question, pourquoi cesserions-nous d’y croire ? 

nos croyances viennent de l'enfance

 

 

Mes envies de manger étaient plus fortes que moi ! J’avais beau essayer de faire un régime (qui durait une matinée), essayer de réfréner mes envies, je n’y arrivais pas ! Pourquoi ? Maintenant je crois savoir pourquoi. Parce que je ne m’écoutais pas. Parce que personne n’écoutait mes envies de manger. JE n’écoutais pas mes envies de manger. Ma gourmandise était rejetée, refoulée, alors qu’elle était là !

Il fallait que je sois autrement que celle que j’étais.

Comme je n’arrivais pas à être autrement que celle que j’étais, je me sentais coupable de ne pas y arriver. Coupable, et pire encore : je me sentais comme quelqu’un pas « bonne » à aimer. Et qu’est ce que je faisais comme je ne me sentais pas « bonne » à aimer ? Je mangeais. Et je me sentais coupable. Voilà le cercle vicieux.

Voilà d’où me vient cette image de moi-même que je n’aime pas, que je déteste (et ça évolue petit à petit avec ce défi 🙂 ).

 

  1. 2 Parler à l’enfant que nous étions

Ca me rend triste de repenser à tout ça. Triste pour la petite fille que j’étais et qui croyait ce que lui disaient les adultes.

Quand je ressens de la tristesse pour la petite fille que j’étais, il y a un exercice que j’aime beaucoup faire. Vous pouvez le faire aussi. Je m’en suis inspirée d’une série que j’avais trouvée sur You Tube qui a pour personnage principal une psychologue (qui s’appelle Marjorie, si ça vous dit quelque chose). A la fin d’un épisode, son patient est allongé, elle lui demande de fermer les yeux. Elle lui demande de retourner dans son enfance, de revivre une scène qui l’a traumatisé.

La personne se replonge dans son enfance et l’adulte qu’il est va parler à l’enfant qu’il était, qui s’est senti rejeté. Il ne cherche pas à modifier les évènements, mais à apporter la bienveillance et l’amour qui lui ont fait défaut à ce moment-là.

Il lui parle avec gentillesse, en lui disant que ce n’est pas de sa faute, que c’est un petit garçon gentil, etc…

A chaque fois que je ressens de la tristesse pour la petite fille que j’ai été, je fais cet exercice. C’est comme une méditation qui permet de plonger au fond de soi. Il libère ma peine, et soigne la blessure. Je suis convaincue que lorsque nous n’avons pas été écouté, lorsque nous nous sommes senti  maltraité par des paroles mal dites, comme dans mon cas, ou quoi que ce soit d’autre qui fait que nous ne nous sommes pas senti écouté, entendu, aimé, ce manque d’écoute reste là, tapi quelque part au fond de nous, et continue de nous hanter sans même nous en rendre compte.

A l’âge adulte, nous avons enfin quelqu’un qui peut écouter : c’est nous-même. Cette écoute que nous nous accordons, en s’allongeant et en fermant les yeux pour s’asseoir avec l’enfant que nous avons été, sécher ses larmes, lui caresser les cheveux, lui dire que nous sommes là, que nous l’aimons, lui demander ce qui se passe, pourquoi il est triste ou en colère, pourquoi il a peur, lui dire qu’il est libre de nous parler, permet de soigner nos blessures.

Cette petite fille me dit qu’être mannequin, ça lui faisait envie. Elles ont l’air d’avoir des vies extraordinaires ! Elles sont si belles ! Et elles au moins, elles sont aimées et écoutées : elles défilent sur les podiums, tout le monde les regarde, elles sont interviewées, tout le monde les écoute ! Qui n’aurait pas envie de cette vie-là 🙂

comment se débarrasser de la culpabilité

 

Si je récapitule :

  • ma culpabilité vient de mon désir de toute-puissance : vouloir être plus forte que mes envies de manger. Pourquoi ? Pour me sentir acceptée et aimée par mon entourage. Comme je n’y arrivais pas, je me sentais coupable et pas « bonne » à aimer.

 

  • de là vient cette mauvaise image que j’ai de moi : je ne suis pas celle que je voulais être.

 

  • aujourd’hui j’ai l’immense pouvoir d’écouter les blessures de la petite fille que j’ai été. C’est trop cool 🙂

 

  • l’image que me renvoyait les mannequins me faisait sacrément envie : leur vie avait l’air extraordinaire et représentait tout ce qui me manquait cruellement.

 

  1. 3- Apprendre à lâcher-prise

Yves-Alexandre Thalmann nous dit que pour accepter ses limites, il faut lâcher-prise. Ca veut dire quoi ? Ca veut dire qu’il faut arrêter de s’agripper comme un forcené à ce qu’on voudrait avoir mais qu’on n’arrive pas à obtenir. Il faut lâcher la prise.

Super, mais comment je fais justement ? Parce que moi j’y tiens à ce truc ! C’est contradictoire : j’y tiens mais il faut que je le lâche !

Là, la coach que je suis depuis un an sur Internet, Laure Zanella, va nous être d’un grand secours. Elle nous propose de nous poser cette simple question :

 

Pourriez-vous simplement envisager de renoncer ? Accepter que ça puisse ne pas fonctionner ? 

 

Et de ne pas répondre à cette question, mais de la laisser infuser à l’intérieur de nous.

Là, me vient une autre question : que j’envisage de renoncer à quoi ? Oui, c’est essentiel de savoir sur quoi on veut lâcher prise exactement. Si vous en êtes là, comme moi, alors je vous encourage à prendre une feuille et un stylo ou d’ouvrir un document dans Word, comme vous préférez. Vous notez à quoi vous tenez. Qu’est-ce que vous ne voulez pas lâcher et que vous poursuivez comme un(e) dératé(e) ? Cette chose qui vous bouffe l’existence parce que vous n’arrivez pas à l’avoir ? Cette chose qui vous fait sentir coupable de ne pas réussir à l’avoir ? Nous le faisons pour nous-même, n’ayons pas peur des mots, laissons les venir.

 

Je reviens ici quelques jours plus tard, car ces deux questions ont éveillé en moi de la peur :

  • mais si je lâche prise, qu’est-ce que je vais devenir ?!
  • Si je lâche prise, que va-t-il se passer ?

Laure Zanella nous dit ici que si nous n’arrivons pas à lâcher prise, c’est parce que nous avons peur et que nous souffrons. Quelque part, nous croyons que si nous luttons assez fort, nous arriverons à obtenir ce que nous voulons. C’est une forme de déni de la réalité. Nous ne reconnaissons pas ce qui est.

Elle nous recommande donc de reconnaître ce qui est et de faire face à la réalité.

Elle nous propose de nous poser cette question, que j’ai déjà évoqué dans un article sur les relations :

 

Qu’est-ce que je veux vraiment ? Être heureux, être en paix avec moi-même, être libre ? Ou bien continuer de lutter contre quelque chose qui me rend malheureuse ?

 

Il me semble qu’il est bien temps de me rendre compte que ce que je veux est au dessus de mes forces. Depuis tant d’années je lutte…. Pour quels résultats ? De la tristesse, de la frustration, de la colère envers moi-même, de la colère envers le monde entier qui nous donne envie dans les supermarchés de manger des trucs trop bons mais pas bons pour ma santé, de la colère envers les boutiques qui ne proposent pas de fringues à ma taille, de la colère envers ceux qui n’ont pas eu de belles paroles à mon égard dans mon enfance. Ou est-ce que cela me mène ? Vers la peine, la rancoeur, le renfermement.

Alors que moi, oui, je veux être heureuse, être LIBRE, être en paix.

comment se débarrasser de la culpabilité

C’est un gros morceau pour moi cette question de l’acceptation des limites. Mais je suis fière et heureuse d’avancer sur ce chemin pour me libérer de la culpabilité, heureuse de chercher à me réconcilier avec l’image de moi-même.

Je vais vous laisser ici. Le temps que les choses cheminent à l’intérieur de moi 🙂 Et nous verrons la suite dans le prochain article !

 

En attendant, si cet article vous a plu, n’hésitez pas à laisser un commentaire juste en dessous 🙂

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6 thoughts on “La culpabilité : comment s’en débarrasser

  1. J ai pu moi même avec un peu de questionnement personnel et de remise en question et en perspective de mon passé sans avoir connaissance de cette sorte d introspection que tu fait mais celà se recoupe bien avec certains de tes écrit. Identifier les pourquois et les comments de notre fonctionnement et changer de façon de lutter ( mon problème étant aussi des addictions) j y suis parvenu en parti. Il me reste une voir plusieurs peurs ou raison à travailler pour avancer . Le lâcher prise en fait parti . . Bon courage à toi

    1. Bonjour Yannick, nous sommes sur le même chemin alors 🙂 C’est cool de savoir que d’autres font le même parcours. On se sent moins seul ! Merci à toi pour ton commentaire 🙂

  2. Bonjour Emily. Je me reconnais beaucoup en toi et j’ai moi-même passé par de telles épreuves et je pense ne pas en avoir encore terminé.
    Dans ton cas je ne pense pas que le mannequin soit plus écouter que toi. Malheureusement bien souvent les parents projetent leurs propres désirs à travers leur enfant et une fois adulte, ils évoluent dans un monde uniquement basé sur les apparences, le superficiel.
    Je te rejoins entièrement lorsque tu dis qu’il faut accepter ses limites. En effet, il faut savoir prendre du temps pour soi pour les trouver et il faut encore plus de courage pour le vouloir, ce qui n’est pas donner à tout le monde. Ça m’a pris du temps mais ça m’a permis de faire un bond spectaculaire dans mon évolution intérieure.

    De plus le fait de parler à son enfant interieur est un booster inimaginable qui nous permet d’entrevoir un avenir meilleur.

    En tout cas je te félicite pour la voix que tu prends car elle demande beaucoup de courage et de résiliation.

    À bientôt

    Paul

    1. Bonjour Paul,

      Merci pour ton commentaire, tout est bien résumé et tu vas même plus loin que mon article 🙂 Le courage, finalement, ne le trouve-t-on pas dans la souffrance ? Lorsqu’on en peut plus de la vie qu’on mène ?

      Oui parler à son enfant intérieur, à celui que nous avons été, est j’en suis convaincue, un énorme booster qui nous soulage et nous permet d’aller de l’avant, et vite !

      Merci pour tes encouragements 🙂

    1. Merci à toi Véronique d’être venue jusqu’ici, ça me touche beaucoup…. Je vais prochainement écrire un article sur le lâcher-prise, pour moi aussi ce n’est pas facile à faire, mais je sais que c’est parce qu’il y a des peurs cachées derrière. On va y arriver 🙂

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