Se détacher de ses entraves

La culpabilité : c’est quoi ? D’où vient-elle ?

La culpabilité est un sentiment que les hypersensibles connaissent bien. Une méchante petite voix dans notre tête nous assène des “tu aurais dû…” ou bien “tu n’aurais pas dû…” ou bien “mais qu’est-ce que t’es nul !” “Tu n’arriveras jamais à rien !”, etc… On se sent jugé(e) par cette voix. C’est un sentiment très désagréable qui nous pousse à fuir, à nous planquer sous la couette pour dormir, comme ça on oubliera tout…. jusqu’à la prochaine fois. Mais qu’est-ce que la culpabilité ? D’où vient ce sentiment ? A quoi ça sert ?

la culpabilité, c'est quoi ? D'où vient-elle ?
Photo : Bernard Lamailloux

Comment savoir que je ressens de la culpabilité ?

Parce que je m’en veux. J’ai fait quelque chose que je n’aurais pas dû faire ou que j’aurais dû faire et que ma méchante petite voix me rappelle tout de suite :

  • c’est pas malin d’avoir mangé tant de chocolat !
  • tu aurais pu rappeler ta mère quand même !! Elle est toute seule pour son anniversaire, t’es vraiment une fille / un fils indigne !!
  • t’avais pas dit que t’allais arrêter de fumer ? Pourquoi tu regardes le bureau de tabac comme ça ? T’as envie de fumer, c’est ça hein ?
  • etc… etc…

Ecouter la méchante petite voix et la croire nous met mal à l’aise. On donne beaucoup de pouvoir à cette petite voix, on croit qu’elle a raison sans remettre en cause la légitimité de ce qu’elle nous dit. On s’en veut d’avoir mangé tant de chocolat, de ne pas avoir rappelé notre mère, ou d’avoir regardé le bureau de tabac avec envie, alors nous allons chercher à nous punir pour la faute que nous pensons avoir commise. Vous voyez un peu le cercle vicieux ?

La culpabilité, c’est quoi ? 

Je vous ai dit dans mon article qui résume le pourquoi de ce blog  que ce qui me tient à coeur dans la vie, c’est d’y voir clair dans ma tête. Alors commençons par des définitions. Qu’est ce que la culpabilité ?

  • Selon mon Petit Robert de 2014, la culpabilité est un mot qui date de 1791, qui vient du latin culpabilis, qui signifie coupable. C’est l’état d’une personne coupable.
  • Et que signifie coupable ? C’est un mot qui vient du latin, coulpe, qui veut dire “péché“. Coupable signifie qui a commis une faute, une infraction.
  • Il y a une seconde définition au mot culpabilité : le sentiment de culpabilité. C’est le sentiment par lequel on se sent coupable, qu’on le soit réellement ou non.

OK, mais d’où vient ce sentiment ?

Les origines de la culpabilité

Le sentiment de culpabilité nous vient tout droit de notre éducation

Enfant, nos parents ou nos éducateurs, croyant bien faire, nous ont répété des phrases du genre :

  • les garçons, ça ne pleure pas !
  • c’est pas beau une fille qui se met en colère !
  • si seulement tu voulais m’écouter… tu ne serais pas si grosse !
  • etc….

Tiens, ce sont des phrases qui ressemblent à celles de la méchante petite voix intérieure… 😉 Nos parents nous ont répété les mêmes phrases qu’ils ont entendu eux-mêmes dans leur enfance. Et ces affirmations viennent de loin. Oui, car les origines du sentiment de culpabilité remonteraient à Adam et Eve. Comme dit dans cet article de Psychologies.com «  fruits du péché dans la morale judéo-chrétienne, nous serions liés par une chaîne transgénérationnelle à Eve, Adam et même Caïn. A l’origine de l’humanité, leurs méfaits et parjures nos condamneraient à perpétuité. De là, une culpabilité liée au fait même d’exister, d’être humain, si limité face à Dieu… » Vous avez remarqué ? Ca rejoint la définition que j’ai donné plus haut du mot coupable, qui vient du latin coulpe, qui signifie péché.

Le sentiment de culpabilité nous vient de sentiments ambivalents

Selon Mélanie Klein, psychanalyste et spécialiste de la petite enfance, la culpabilité nous vient de sentiments ambivalents qu’on ressent pour notre mère, quand on est enfant : on s’en veut de détester cet être qu’on adore. On s’en veut de détester ce chocolat qu’on adore, d’aimer cette cigarette qu’on déteste, etc…

Le sentiment de culpabilité est lié à notre désir de toute-puissance

la culpabilité, c'est quoi ? D'où vient-elle ?

Par exemple, un enfant peut se sentir coupable de la séparation de ses parents. Il a le désir de les maintenir ensemble, et malgré toutes les forces qu’il déploie, il n’y arrive pas. Et comme il n’y arrive pas, il pense que c’est de sa faute, alors il se sent coupable. Nous préférons nous sentir coupable, penser que nous avons fait une faute, plutôt que d’avouer notre impuissance. Dans l’exemple de l’enfant qui se sent coupable de la séparation de ses parents, il préfère la culpabilité à l’aveu de son impuissance à contrôler cet évènement.

Ce qu’il faut retenir

La culpabilité, c’est quand je m’en veux d’avoir fait ou de n’avoir pas fait quelque chose. Ma petite voix intérieure méchante me dit que je suis coupable, elle me juge. Je la crois, alors je me sens mal à l’aise, je me sens fautif(ve) et je cherche à me punir.

C’est un sentiment qui ne nous est d’aucune utilité et qui nous vient de notre éducation héritée de la morale judéo-chrétienne.

On ressent de la culpabilité car nous aimons ce que nous détestons et parce que nous préférons nous sentir coupable plutôt que d’avouer notre impuissance.

La question est la suivante : peut-on se débarrasser de la culpabilité ? Et si oui, comment ? Je vous invite à le découvrir en lisant la suite par ici : la culpabilité, comment s’en débarrasser ?

 

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Emily

2 thoughts on “La culpabilité : c’est quoi ? D’où vient-elle ?

  1. Bonjour,
    Je trouve ton article super intéressant. J’ai néanmoins un peu tiquer lorsque j’ai lu que la culpabilité sociale nous aide à prendre conscience de la souffrance de l’autre. Je pense avoir conscience de la souffrance des autres sans pour autant ressentir de la culpabilité. Car je ne suis en aucun cas responsable de leur souffrance. Je leur laisse ce qui leur appartient, ce qui ne m’empêche pas de partager leur souffrance non plus et de les soutenir. Ou alors, peut-être est-ce parce qua j’accepte mon impuissance. Aujourd’hui, je ne peux pas grand chose pour que ces personnes aillent mieux, si ce n’est les écouter. J’accepte leur émotions et leur laisse le temps de les digérer.
    Voilà, je voulais juste revenir sur ce petit point sur lequel je ne suis pas d’accord. Dans mon vocabulaire je préfère remplacer “culpabilité sociale” par “empathie” 🙂

    1. Bonjour Nathalie, ce que nous dit l’auteur Yves-Alexandre Thalmann, et je ne l’ai peut-être pas bien exprimé dans l’article, c’est que la culpabilité sociale nous est nécessaire, c’est elle qui nous différencie des personnes atteintes de psychopathologie. Nous n’écrasons pas quelqu’un sur la route pour ne pas nous sentir coupable par exemple. Et certainement aussi parce que nous avons de l’empathie 🙂

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