Réalisation de soi

Ce que la nature a changé dans ma vie

Aujourd’hui, c’est Adrien du blog https://posenature.fr qui nous propose un carnaval d’articles. Pour celles et ceux d’entre vous qui n’ont pas lu ma prose sur les 3 choses que je fais pour être plus forte émotionnellement, je vous rappelle qu’un carnaval d’articles est un évènement créé par un blogueur. Le principe, c’est que ce dernier propose un thème et tous les blogueurs qui le souhaitent peuvent écrire sur ce thème. Ensuite, Adrien proposera aux lecteurs un livre qui regroupe des extraits de ces articles.

L’intérêt pour les lecteurs est de découvrir des histoires, des réflexions, des points de vue différents sur un même sujet. Pour nous blogueurs, l’intérêt est double puisque le carnaval nous permet de tisser des liens avec d’autres blogueurs, et de nous faire connaître auprès d’un lectorat. Je vous le disais la semaine dernière, l’idée m’amuse beaucoup !

Posenature est un blog sur la photo de nature et animalière, il est donc éloigné du mien, mais pas tant que ça finalement…. Car Adrien nous propose comme sujet : mon rapport à la nature, ce qu’elle a changé dans ma vie.

Alors, c’est parti !

 

La nature et mon état d’esprit

Je ne me suis pas toujours rendue compte de la présence de la nature. Pourtant, quand j’étais petite, avant la séparation de mes parents, je passais tous mes étés chez ma grand-mère. Elle vivait au bord de la mer, près de Cannes. L’été pour mes petits frères et moi c’était donc plein air, ciel bleu, sable chaud, crabes et petites crevettes dans nos seaux, le plaisir des jeux dans l’eau. Je me souviens des rochers presque rouges du massif de l’Estérel (c’est là que vivait ma grand-mère) qui plongeaient dans la Méditerranée, brillante au soleil, du parfum des pins, du chant des cigales, du murmure des vaguelettes qui me berçait le soir, du cri des pies qui se disputaient le matin.

Tout cela était normal pour moi. Je ne me rendais pas compte de la beauté qui m’entourait. Que je sois là, au milieu de ces paysages sublimes, ou bien chez moi, dans notre village du Nord, cela ne faisait pas de différence dans ma tête. J’étais bien partout.

Qu’est-ce que ça change dans ma vie de savoir ça ? C’est énorme, parce que je sais que mon bien-être n’a rien à voir avec l’extérieur. Cela me rappelle ce que je vous écrivais dans cet article, dans lequel je vous décrivais pourquoi il est nécessaire de sortir du rôle de victime et comment faire. Que je sois dans un village du Nord où les paysages ne sont pas beaux, ou bien que je sois entourée de paysages de rêve, ne change rien à mon état d’esprit. Si je suis heureuse, j’emmène ma joie dans mes valises, où que j’aille. C’est la même chose pour mon chagrin.

C’est donc ça la première chose que la nature a changé dans ma vie : mon état d’esprit n’a rien à voir avec l’extérieur. Ma joie de vivre ou ma peine viennent de l’intérieur de moi.

ce que la nature a changé dans ma vie
     Mon état d’esprit n’a rien à voir avec l’extérieur. Ma joie de vivre ou ma peine viennent de l’intérieur de moi.

La nature et le temps

Bien plus tard, en 2010, j’ai fait un voyage extraordinaire. Je suis allée au Kenya, en pleine nature, pendant 15 jours. Je me suis retrouvée avec un petit groupe de 5 personnes et nous étions encadrés par des Massaïs. Nous avions une mission à remplir : nous devions marcher chaque jour pendant des heures, afin de recenser tous les animaux que nous croisions sur notre chemin. Le but de la mission était de créer un corridor pour les lions entre deux parcs animaliers, qui étaient en voie de disparition dans cette zone. C’était les Massaïs eux-mêmes qui avaient mis en place ce projet, conscients des dégâts qu’avait engendrée leur chasse au lion pour leurs rites de passages.

Nous marchions dans cette nature où la terre rouge est crevassée car le Kenya est sur une faille, il fallait donc être vigilants pour ne pas tomber dans les trous ! 😉 et faire attention aussi aux roches volcaniques de toute taille qui avaient été rejetées par le Kilimandjaro et qui jonchaient le sol. La nature là-bas est sèche, les arbres, en attendant la pluie, sont gris, le vert, peu présent, est éclatant. Pas d’électricité à des centaines de kilomètres à la ronde. Voie lactée chaque nuit. Très peu d’hommes dans cette nature. Par contre, des quantités d’animaux. Et leurs empreintes qu’ils laissent partout sur cette terre poussiéreuse : les sabots des girafes et des zèbres, les mains des babouins, les ronds d’au moins 30 cm de diamètre des éléphants, etc…

Ce qui est incroyable lorsqu’on fait des grands voyages comme celui-ci, c’est qu’on fait de grandes découvertes sur soi qu’on intègre tout de suite. A la maison, ce processus prend du temps. On est dans ses habitudes et ses repères, et c’est très bien, mais ça ferme la porte à nos sens. Du coup, c’est beaucoup plus long pour découvrir de nouvelles choses sur soi ou la vie. Dans les grands voyages, c’est immédiat. Et là, dans la nature du Kenya, j’ai fait une grande découverte que j’ai intégré tout de suite.

J’étais, comme cela m’est arrivé souvent lors de ce voyage, en train d’observer une girafe. Elle me regardait aussi. Nous étions à 50 mètres l’une de l’autre (c’est à peu près la distance qu’elles acceptent). Nous pouvions passer de longues minutes, comme ça, à nous observer, tout simplement. Sans bouger. Sans rien d’autre. Nous attendions toujours que ce soit les animaux qui décident que la rencontre était terminée. Et là, ce jour-là, je ne sais pas pourquoi, j’ai eu un déclic. Ca a été quelque chose de très fort. Je me suis dit “mais merde ! Mais c’est elles qui ont raison ! Elles sont là, à nous observer, et ça dure le temps que ça doit durer. Elles vivent, simplement. Elles vivent ce qu’elles ont à vivre, maintenant. Point.”

ce que la nature a changé dans ma vie
La nature nous apprend ce qu’est l’instant présent. Photo : Être enfin zen

J’ai compris qu’est-ce que l’instant présent. Je ne saurais vous expliquer comment ça s’est fait. Avec le recul, je pense que c’est de vivre pendant plusieurs jours en pleine nature, sans Internet ni même électricité, avec des gens qui sont contraints de vivre l’instant présent (ne serait-ce que parce que l’espérance de vie au Kenya est de 36 ans) qui a fait que j’ai compris ce qu’est l’instant présent.

Ca a changé ma vie parce que l’instant présent nous fait cesser de vivre dans les regrets du passé et dans les inquiétudes de demain. On est là, on vit ce qu’on a à vivre, là maintenant. Et la vie, c’était pas hier et ce n’est pas demain. C’est maintenant que je vis ma vie, c’est maintenant que je ressens les choses.

La nature est un guide

Enfin, pour clôturer cet article, j’ai envie vous parler de ce que la nature m’a le plus apporté.

Il m’a toujours fallu tout, tout de suite. Je suis certaine de ne pas être la seule à être comme ça 😉 Je me suis beaucoup amélioré, mais avant, lorsque je n’obtenais pas ce que je désirais, tout de suite je râlais, je piaffais d’impatience, j’en voulais à la Vie, au destin, à Dieu, en disant « mais pourquoi moi ?? Pourquoi est-ce que moi je ne mériterais pas aussi d’avoir ce que je veux ?? » Ca peut être vraiment dur de vivre avec ces émotions. Vous le savez sûrement aussi bien que moi…

La nature est un excellent guide pour me dire comment faire pour corriger cela.

En effet, une graine ne devient pas un arbre ou une fleur en une journée. C’est le temps qui fait les choses. La graine ne s’impatiente pas de devenir un arbre, elle n’est pas là en train de râler « mais pourquoi moi ? Pourquoi moi je suis pas un grand chêne comme l’autre d’à côté ?? » La graine attend que les choses se fassent… naturellement 😉

C’est peut-être évident pour vous… Pour moi c’est une découverte récente.

Lorsque je m’impatiente quand j’ai l’impression que mes projets n’avancent pas, quand je suis embourbée dans des problèmes relationnels alors que je fais tout pour que ça aille mieux, j’aime bien me souvenir comment la nature agit. J’observe tout simplement les plantes de mon balcon, les petits bourgeons qui éclosent, les feuilles qui étaient si belles qui maintenant sont mortes, une plante que je croyais en train de crever et qui se remet à verdir. J’observe et je me rappelle que si je veux être heureuse, j’ai tout intérêt à laisser les choses se faire comme elles doivent se faire. Cela ne m’appartient pas d’ailleurs, comment les choses se font : ça, c’est le boulot de la nature.

De mon côté, tout ce que j’ai à faire, c’est être qui je suis, être qui j’ai envie d’être. C’est tout. Quand je n’arrive pas à être qui j’ai envie d’être, j’écoute ce qui se passe à l’intérieur : mon mental me dit ce qui bloque, mes émotions me disent les blessures qui ont besoin d’être soignées. Quand et comment les choses se font, ce n’est pas mon boulot. C’est celui de la nature. Si j’arrive à faire ça, je vous assure qu’on se décharge d’un lourd fardeau 🙂

Quand et comment les choses se font, ce n’est pas mon boulot. C’est celui de la nature.
Quand et comment les choses se font, ce n’est pas mon boulot. C’est celui de la nature.

 

Voilà, pour résumer, ce que la nature a changé dans ma vie :

  • vivre au paradis ou bien dans des endroits laids ne fait pas ma joie ou mon malheur. Ce qui compte, c’est mon état intérieur.
  • j’ai compris ce qu’est vivre l’instant présent. Vivre l’instant présent, c’est vivre sa vie, et c’est vivre simplement.
  • j’observe la nature pour me rappeler de laisser faire les choses. Ainsi, j’apprends la patience.

 

Et vous, qu’est-ce que la nature a changé dans votre vie ? Vous pouvez laisser un commentaire juste en dessous pour partager votre expérience.

Comme d’habitude, si cet article vous a plu, n’hésitez pas à le partager 🙂

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3 thoughts on “Ce que la nature a changé dans ma vie

  1. Merci pour ce joli témoignage.
    J’ai eu la chance de voyager plusieurs fois à travers l’Afrique, dans différents pays, et j’avoue que ces voyages ont a chaque fois été émotionnellement très forts. Un autre mode de vie, un autre rapport au temps, à la vie, à la nature…
    Cela a remis pas mal de chose en perspective, à la fois sur le confort de nos vie moderne, mais aussi leur enfermement, moi qui vivait en ville à l’époque. L’Afrique est un continent envoutant, brut, violent et fascinant. Et comme la nature, magnifique, grandiose, exceptionnel !
    Bonne journée à toi.
    Esther

    1. Merci Esther pour ton commentaire 🙂 Oui on ne peut être que marqué au fer rouge par l’Afrique. Je ne connais que le Kenya en Afrique Noire, c’est un pays qui ne connait pas la demie-mesure…

      Tu parles d’un autre rapport à la vie, ce qui m’a marqué c’est que les Kenyans que j’ai rencontrés nous disaient que nous sommes fous en Europe, ils ne comprenaient pas pourquoi on se pose tant de questions… Là, je me suis dit “mais oui, c’est vrai, pourquoi ?”

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