C’est quoi l’hypersensibilité ? Ce que vous devez savoir

C’est quoi l’hypersensibilité ? Ce que vous devez savoir

L’hypersensibilité peut être perçue comme un handicap, une faiblesse ou une maladie. Les critiques « tu es trop sensible, trop à fleur de peau, trop susceptible… » donnent le sentiment à la personne hypersensible de ne pas être comprise, d’être différente des autres ou pas normale. Or, quand elle est acceptée, l’hypersensibilité devient un don fabuleux offert par la vie. Mais c’est quoi l’hypersensibilité ? Comment peux-tu transformer ce qui pour toi est encore un handicap en quelque chose qui va t’aider à te diriger dans la vie avec bienveillance ? Regardons tout ceci ensemble plus en détail.

C’est quoi l’hypersensibilité ?

Être sensible

Allons d’abord voir ce que signifie « être sensible ». Le Larousse nous dit : « être sensible, c’est être apte à éprouver des perceptions, des sensations. C’est ce qui peut être perçu par les sens ». Être sensible, c’est donc la capacité à voir, entendre, goûter, sentir, ressentir par le toucher.

C’est aussi l’aptitude à s’émouvoir, à éprouver des sentiments d’humanité, de compassion, de tendresse pour autrui. La sensibilité, c’est ce qui fait que nous ne sommes pas des machines, mais bien des humains.

L’hypersensibilité

Tous les êtres humains sont donc doués de sensibilité. Qu’est-ce qui va différencier quelqu’un qui est hypersensible ? Etymologiquement, le préfixe « hyper » vient du grec « huper » qui signifie « sur » et indique une « intensité ou une propriété supérieures à la normale ».

L’hypersensibilité, c’est une sensibilité plus haute que la moyenne.

Où se situe la moyenne ? Il n’existe pas de machine qui mesurerait la sensibilité de chacun 🙂

En tout cas, on estime qu’environ 15 à 20 % de la population serait hypersensible. Il n’existe pas de portrait-robot de la personne hypersensible : elle peut être introvertie ou extravertie, timide ou exubérante, et ce n’est pas parce qu’une personne est timide qu’elle est hypersensible…

Pour que vous puissiez y voir plus clair, je vous propose ce test, qui a été notamment élaboré avec le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, le père du concept de résilience :

Test : êtes-vous hypersensible ?

D’où vient l’hypersensibilité

D’où nous vient ce trait qui nous caractérise ? 

Une chercheuse américaine, Elaine Aron, a été la première dans le milieu des années 1990 à s’intéresser aux hypersensibles. Elle pense que les origines de l’hypersensibilité sont nées d’un maillage entre un trait génétique et l’histoire de la personne : elle nous dit qu’après une enfance difficile, l’hypersensible « s’est construit un ensemble de protections psychologiques lui permettant de se blinder ou d’éviter un monde perçu comme excessivement violent. Ces mécanismes d’adaptation, à leur tour, peuvent générer une mauvaise adaptation sociale, des difficultés relationnelles, de la souffrance et de la frustration ».

Vous pouvez à ce sujet télécharger mon EBook « J’arrête de souffrir à cause des autres » à l’aide de l’un des formulaires du blog.

Finalement, définir l’hypersensibilité n’est pas chose aisée… Je souhaite te partager ma définition de l’hypersensibilité, comment est-ce que je la vis.

Hypersensibilité : ma définition

Avant

Pour ma part, pendant des années j’ai terriblement souffert de mon hypersensibilité. Combien de fois ai-je entendu que j’étais trop sensible, trop à fleur de peau, trop stressée, trop angoissée, que je pleurais facilement et me mettais en colère pour un rien… Je ne me sentais pas normale. J’avais honte de moi-même et je me sentais coupable de ne pas réussir à prendre sur moi… En plus, quand nous sommes hypersensibles, nous sommes très sensibles au regard de l’autre. Quand on me rabaissait, je croyais que les gens avaient raison. J’avais une estime de moi-même à ras des pâquerettes.

Mes souffrances ne me laissaient guère de repos, j’étais envahie par la douleur. D’autant plus que je comprenais et ressentais aussi ce que pouvaient vivre les autres qui souffraient (nous sommes naturellement doués d’empathie lorsque nous sommes hypersensibles).  Je ne supportais pas l’injustice, la misère, le mal qu’on fait aux animaux, aux arbres, aux enfants, aux personnes âgées, aux plus démunis.

Alors j’ai toujours été attirée vers les personnes qui se sentent démunies. Et malheureusement, j’ai rencontré beaucoup de types qui profitaient de moi, parce qu’ils s’engouffraient dans mes failles. Et je les laissais faire, parce que de mon côté, j’étais très clairvoyante et je voyais tout de suite ce qui n’allait pas chez eux. c'est quoi l'hypersensibilitéJ’ai un cœur gros comme ça, alors j’enfilais ma blouse d’infirmière et je partais tête baissée à l’assaut de leur condition malheureuse, persuadée que j’allais les sauver et les rendre heureux. Aucune limite. Je ne savais poser aucune limite. Je me faisais grignoter un peu à la fois par ces personnes.

Il faut dire aussi que je ne supportais pas les ruptures, les cassures, car cela provoquait beaucoup d’émotions en moi qui étaient difficiles à vivre. Aussi, le sentiment de rejet m’était insupportable. Parce que c’est quelque chose que je connais bien, le sentiment de se faire rejeter par les autres. Alors je préférais encore me faire bouffer par les autres, encaisser des critiques, des humiliations, des moqueries, niant complètement mes besoins, plutôt que de mettre fin à ces relations qui me détruisaient.

J’ai besoin de calme, de stabilité, de changements qui se fassent en douceur.

Alors, il ne faut pas s’étonner avec tout ça que je sois particulièrement sensible au stress, aux angoisses, à l’anxiété, au stress post-traumatique

Désormais

Aujourd’hui, après avoir énormément travaillé sur moi pendant des années, la perception de mon hypersensibilité est complètement différente. Je protège ma maison intérieure parce que je connais mes besoins et mes limites. Je reste à distance des personnes que je perçois comme toxiques pour moi, je ne cherche plus à sauver personne. J’aime les relations profondes, sincères et authentiques, dans lesquelles je m’investis pleinement, avec tout mon coeur. Les grands rassemblements, les grands groupes, ce n’est pas pour moi. Je m’y perds et je m’y sens mal, alors j’évite au maximum. Je préfère les petits comités chaleureux et bienveillants. 

J’utilise mon empathie comme une boussole pour repérer les personnes qui me veulent du bien de celles qui seront moins bien intentionnées.  Je protège cette empathie en me laissant plus embarquer dans les émotions des autres. Je reste à ma place, je protège ma maison intérieure. 

J’adore la solitude et le calme… C’est une chance extraordinaire !! Combien courent après la foule et le bruit pour fuir le son ou le silence de leur vie intérieure qui les effraie tant ? 

J’ai appris à écouter mes intuitions qui m’aident à me diriger avec bienveillance dans la vie. 

Je remarque que je suis souvent la seule dans une pièce à saisir les subtilités dans les conversations. Cela aide beaucoup à comprendre ce qui se joue dans les relations afin de soit ouvrir son coeur à cet instant, ou alors à se prémunir. C’est comme si j’avais des antennes plus sensibles que celles des autres qui capteraient le moindre mouvement, le moindre son, la moindre odeur, le moindre effleurement sur la peau, qui envoient tout ça au cerveau qui analyse super vite ce qui se passe.

c'est quoi l'hypersensibilitéÊtre hypersensible pour moi, c’est prendre soin de soi et s’emmitoufler dans un monde de coton. J’aime la douceur, la tendresse, tout ce qui est mignon. Je me sens proche de la nature et des animaux.

Être hypersensible, c’est un cadeau, un don. 

Mais nous sommes tou.te.s comme Harry Potter : tant qu’on ne sait pas utiliser son hypersensibilité comme lui de ses talents de magicien, on souffre parce que notre don se retourne contre soi. Pour bien vivre avec, il est nécessaire d’apprendre à se connaître.

Ce qu’il faut retenir

Loin d’être une faiblesse, un handicap ou une maladie, l’hypersensibilité est une force lorsqu’elle est acceptée : la vie est vécue avec profondeur et authenticité. 

Le tout est d’apprendre à mieux se connaître : quels sont nos besoins, nos limites, nos envies, afin de diriger notre vie vers ce qui nous correspond et laisser de côté ce qui nous fait du mal.

Si cet article t’a été utile et que tu souhaites prendre la voie de la confiance en soi afin de t’épanouir dans tes relations, je peux t’accompagner personnellement. Je t’invite à découvrir mon accompagnement en cliquant ici.

Emily

Merci à Unsplash pour les photos 🙂

10 Replies to “C’est quoi l’hypersensibilité ? Ce que vous devez savoir”

  1. Noureddine dit :

    Vraiment très intéressant je sais pas comment tu m’a eu en lisant votre article de changer mon opinion envers l’hypersensibilite car il etait pour moi un defaut mais pour vous en travaillant sur soi il est redevenu un acte positive et les gens atteint par hypersensibilité sont des gens sains et ca se vois sur votre nouveau look et votre sourire merci bg

    1. Je suis vraiment heureuse Noureddine de vous avoir ouvert à plus de connaissances et d’amour 🙂 Une très belle journée à vous.

  2. Salut Emily,
    Ravie de voir que tu es de retour sur ton blog. Le nouveau thème que tu as choisi me touche car je pense être une hypersensible aussi. Je vais faire le test que tu proposes pour vérifier le diagnostique 😉
    Pour ma part, c’est quelque chose que je vis plutôt bien, car j’ai une foi absolue en mes sens, en mon intelligence émotionnelle et mes intuitions. Par contre, c’est à un niveau plus subtil, à un niveau énergétique que je ressens beaucoup de fatigue, car je ne sais pas “activer” mon bouclier quand il le faudrait. Je sais que ce que j’écris là peut sembler perché, mais c’est mon ressenti. J’espère que tu abordera ce type de sujet à l’avenir : comment gérer son hypersensibilité pour ne pas être fatigué ou trop impacté par les états d’être de ceux qui nous entoure. Vraiment quand je croise quelqu’un de déprimé, j’ai vraiment l’impression que cela me sape le moral/mon niveau d’énergie beaucoup plus que n’importe qui d’autre. Vis-tu cela parfois ? As-tu des conseils à me donner à ce sujet ? Merci beaucoup.
    Bises et bon courage pour la suite ! <3

    Nathalie

    1. Bonjour Nathalie,
      Oui je projette d’écrire sur la fatigue et les états d’être des autres qui nous impactent. Et moi aussi je le vis mais c’est de plus en plus rare.
      Concernant la fatigue, un conseil que je peux te donner c’est d’inverser ta pensée : comment gérer sa fatigue pour ne pas être trop hypersensible. Accepter que nos émotions nous prennent de l’énergie, que notre vie nous prend de l’énergie (nous faisons les choses avec entièreté et avec beaucoup de coeur, cela nous demande beaucoup d’énergie) et que de ce fait nous avons besoin de repos, peut-être plus que la moyenne.
      Ensuite, il est normal de se sentir impacté par le niveau d’énergie des autres. Mais nous le sommes d’autant plus quand on est hypersensible. Dans un premier temps, limiter ta présence dans la mesure de tes possibilités auprès des personnes qui te sapent ton énergie/moral te permettra de protéger ta maison intérieure 🙂

  3. Bravo pour cette nouvelle direction !
    Enfin on parle ouvertement de cette “tarre”, que j’ai moi aussi subi toute ma jeunesse. Hypersensible, trop réactive, tu prends tout tellement à coeur, tu veux trop de “justice”…
    Mais je sais parfaitement désormais que c’est un don, un véritable cadeau dont je bénéficie et que je peux partager avec les autres.
    Je suis heureuse d’avoir cette richesse en moi.

    Comme toi, j’ai appris à placer des limites pour rester en intégrité et me réjouir tout simplement d’être moi-même.

    Je ne suis pas très convaincue par le test de Psychologies Magazine… je pense que les personnes hypersensibles comme nous se retrouverons d’avantage dans ton excellent article que dans leur test…

  4. Bonjour Emily j’ai jeter un oeil sur ton forum et je me suis complétement reconnue c’est dingue !! ton histoire me rappelle la mienne.
    J’ai toujours été très sensible et je ne supporte pas l’injustice !
    Je m’énerve vite et je pleure de suite derrière !
    Pour les personnes comme moi c’est très compliquer de gerer ses émotions.
    Mais bon je t’avoue que maintenant je vais mieux je fait des séances d’hypnoses qui m’aide d’avantage.
    N’hésite pas à prendre contact avec moi si tu le souhaite : [email protected]

  5. Elisabeth dit :

    J’aurais pu écrire ton temoignage mots pour mots. Dans le sens que je m’y
    reconnais à 100%, C’est une exquise sensation de se sentir à ce points comprise. Je te remercie infiniment pour ton partage. Namaste 🙏🏽

  6. Merci beaucoup pour ton article, je comprend enfin que sur des gens ont exactement les mêmes symptômes que moi mais l’hypersensibilité est une force et surtout pas un défaut. Une ouverture différente sur le monde . Si ça peut aider, trouver son réconfort dans la sociologie qui m’a beaucoup aidé à apprendre sur moi-même ainsi que sur la société et la place qu’on a à l’intérieur de celle-ci et surtout les comportements sociaux. Bon courage pour la suite !

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